
Biographie
Né en 1989 à Grasse.
Dispose depuis 2021 d’un atelier à Saint-Laurent-la-Vernède (Gard).
Louis Capron grandit à Valence, dans la Drôme, et passe régulièrement ses vacances sur la Côte d’Azur, entre Antibes et Vallauris, qu’il considère encore aujourd’hui comme son « chez-soi ». S’il est le petit-fils de céramistes célèbres, Roger et Jacotte Capron, Louis est pourtant autodidacte en la matière. Jusqu’à l’âge de 17 ans, il vit à Valence, puis, abandonnant des études classiques au lycée, il se dirige vers le travail du métal car il est attiré par la forge et les matières rougeoyantes. Il suit alors une partie de cursus en métallerie-serrurerie auprès des Compagnons du Devoir, avec qui il apprend les diverses techniques de travail du métal.
En mai 2009, à l’âge de 20 ans, un grave accident de voiture lui fait perdre une partie de l’usage de la main gauche. Après une convalescence difficile qui le conduit vers une sévère dépression, il quitte la Drôme pour Vallauris, terre de son enfance, où il retrouve sa grand-mère Jacotte Capron. Elle lui propose un stage de céramique qui va changer sa vie. Présentant un talent évident pour cette matière, Louis développe rapidement un lien privilégié avec la terre, l’argile. Très vite, après seulement quelques semaines de travail, ses premières œuvres sont remarquées et commencent à être exposées sur des salons et en galerie. Il choisit alors de poursuivre sa voie dans le domaine de la céramique et du raku. En respect du travail remarquable de sa famille, il décide de trouver une voie personnelle, celle de la sculpture, avec pour thème le visage : têtes humaines, têtes-armures, têtes de dieux et de démons… Encore très imprégné par les difficultés de son passé, Louis se questionne sur le morcellement, le vide, la construction : la reconstruction. C’est alors que naît l’idée de créer des sculptures-visages en morceaux séparés, puis de les encastrer pour les réassembler et les restituer sous leur forme finale : têtes et visages en morceaux, reconstruits. Mais est-ce réalisable ? Beaucoup, dont sa grand-mère et Jean-Paul Bonnet, qui avaient travaillé aux côtés de Roger Capron, affirment que non. L’argile se rétracte au séchage comme à la cuisson, créant trop d’incertitudes sur le résultat final. L’incertitude, le vide, le doute : Louis connaît. Son goût pour l’aventure et le défi l’encourage à tenter l’expérience. Il travaille l’argile en pensant et calculant d’instinct les retraits de la terre, avec une énergie et une volonté furieuse de réussir.
À 23 ans, le défi est relevé. Il met au point « sa » propre technique, qui lui permet de morceler, construire, encastrer et assembler cette matière particulière : domptable, mais aussi imprévisible. Son identité de céramiste prend forme comme ses sculptures. L’aventure de l’inconnu lui offre la découverte de « sa » céramique.
Installé à Vallauris dans deux ateliers successifs, il participe à la vie artistique locale et expose régulièrement son travail en galeries, événements, musées et fondations. Il quitte Vallauris en 2017.
En janvier 2021, Louis Capron s’installe près d’Uzès, à Saint-Laurent-la-Vernède, dans le Gard. Toujours porté par sa quête de création, il poursuit dans la solitude sa réflexion dans son nouvel atelier. Il souhaite associer au corps de l’animal et à celui de l’homme son thème de prédilection : le visage. Il décide de morceler et réassembler non plus un visage, mais un corps tout entier. La reconstruction se veut totale. Il choisit le Centaure comme emblème, le sauvage, le guérisseur. Un nouveau défi commence : celui de la recherche, du dépassement de soi et de l’inconnu. Cette odyssée dans la matière va durer quatre ans et s’accomplir dans une œuvre céramique monumentale unique. Transcendé dans une tonne d’argile, Louis a fait naître un géant mesurant près de 3 mètres de hauteur. Il lui faut maintenant préparer l’étape suivante : révéler au grand jour son Centaure.
En 2025, poursuivant son chemin de création, Louis reprend la route des expositions à travers la France et vit sa passion, l’esprit libre et les mains toujours dans la terre, dans l’argile — « l’eau dure », comme il aime la nommer.
